20170729

RED BUTTON'S NATION : véhicule lourd Esclavagistes

Striker attendait. Il avait rendez-vous avec une délégation d’Esclavagistes qui voulaient lui acheter
des médicaments et des pièces de moteur. Il avait rencontré à Merc City un type nommé Talla, qui lui avait passé commande, et avait réglé la moitié du prix comptant sous forme de diverses marchandises et d’une esclave rousse.

Le rendez-vous avait été pris dans le désert, un peu à l’écart des zones de transit habituelles.
La commande passée par Talla représentait en volume un camion complet. Striker s’était garé à l’endroit convenu et il attendait. Pour éviter tout problème, deux snipers étaient postés à cinq cent mètres de là,
prêts à ouvrir le feu sur la zone, si jamais la transaction ne se passait pas comme prévu.
Striker n’était pas né de la dernière pluie. Pas question de se faire dévaliser, même si le type qui lui avait passé commande semblait réglo. Afin d’éviter une éventuelle embuscade, il était arrivé largement en avance.
Assis à même le sable, le dos appuyé contre la roue du camion, il jetait des cailloux dans le sable, un peu comme les enfants, lorsqu’ils s’ennuient, histoire de passer le temps. Lentement. Comme si le fait de prendre son temps témoignait de la patience inaltérable qui était la sienne et élevait l’ennui au rang d’Art…

Les cailloux, en touchant le sable, émettaient un bruit sourd, toujours le même… sauf le dernier, qui, dans un souci de contrariété évident émit un bruit qui ressemblait plus à un « clang »…

Quelque peu surpris, Striker envoya d’autres projectiles dans la même direction, obtenant à chaque fois un écho métallique. Il se leva et se dirigea vers la pelle qui était accrochée sur le flanc de son véhicule.
L'ayant attrapée, il se dirigea vers la zone qui était à l'origine du bruit, commença à creuser.
Très vite, le bruit métallique se fit à nouveau entendre. Il entreprit de déblayer le sable et ne tarda pas à voir apparaître une plaque de métal. Enhardi par sa découverte, et curieux de découvrir ce qui se cachait sous ses pieds, il continua à déblayer le sable, en se dirigeant vers la gauche. Quelques mètres plus loin, le bruit métallique disparut. Revenant sur ses pas, Striker déblaya le sable vers la droite cette fois-ci.
Lorsqu’il perdit l’écho du son, il avait déblayé l’équivalent d’une surface de douze mètres de long sur à peu près deux mètres cinquante de large.

Le soleil était maintenant haut dans le ciel, et Striker avait chaud. Il alla s’asseoir à l’ombre du camion afin de se reposer un peu.
L’heure du rendez-vous approchait. Dommage. Il aurait aimé avoir plus de temps seul afin de découvrir à quoi ressemblait ce qu’il venait de découvrir, à coup sûr un véhicule. Un camion peut être…

Un bruit de moteurs se fit entendre. Trois véhicules lourdement armés arrivaient doucement, comme si la journée leur appartenait. Sept hommes mirent pied à terre.
L’un d’entre eux s’éloigna du groupe et s’avança vers lui.

– « Salut Striker. »

– « Salut Talla. »

– « Tu as tout ce que je t’ai demandé ? »

Striker tendit une liasse de feuilles

– « Les médicaments au complet. Beaucoup de fabrication artisanale, mais efficace et garantie. En ce qui concerne les pièces de moteur, quelques bricoles manquaient, mais rien de bien important. Je pense que ton mécano pourra bricoler quelque chose sans trop de difficultés. Histoire de compenser le manque, j’ai ajouté deux fusils d’assaut, un pistolet automatique et une arbalète ainsi que les munitions adaptées. »

Talla avait le nez plongé dans la liasse.

– « Ok, ça m’a l’air réglo. J’apprécie la compensation.
Wormson, Rudbaugh ! Amenez la marchandise pour Monsieur Striker »

Deux des véhicules s’approchèrent et vinrent se ranger à côté du camion. Les deux chauffeurs sortirent
de leur véhicule et ouvrirent le coffre.

– « Voici le solde du paiement : un coffre plein de livres techniques, et un autre coffre dans lequel tu trouveras des pièces de rechange pour la plupart des modèles de robots les plus répandus, plus des vêtements pour hommes de tailles différentes. »

Striker inspecta les coffres des deux véhicules.

– « Ça me paraît bon. »

Rudbaugh siffla. Les quatres hommes restés à distance remontèrent dans le dernier véhicule
et les rejoignirent.

– « On transborde », dit Rudbaugh.

Les quatres hommes vinrent lui prêter main forte. Peu de temps après, les marchandises se trouvaient dans les véhicules de leur nouveaux propriétaires.

Avisant la plaque de métal qui affleurait le niveau du sable, Talla demanda à Striker :

– « Tu fais des fouilles ? »

– « Non. Je n’ai pas le temps. Je l’ai trouvé en t’attendant et j’ai commencé à dégager le sable, mais ça va prendre trop de temps. Si tu en veux, je te lègue ma trouvaille. »

– « Ouais, pourquoi pas… on est un peu calme ces temps-ci, ça occupera mes gars… »

– « Bon ben c’est dit. Je vous laisse les gars j’ai d’autres livraisons à faire avant la fin de la journée.
À un de ces quatre. »

– « Salut Striker. »

Striker remonta dans son camion. Quelques minutes plus tard, il n’était plus qu’un nuage de poussière à l’horizon.

Talla sortit de sa rêverie.

– « Wormson, tu répartis les tours de garde. Rudbaugh tu vas chercher les autres. Quand tout le monde sera là, on creuse pour dégager cet engin. »

En fin d’après-midi, Rudbaugh fut de retour avec le reste des membres du Convoi.

– « Bon. C’est trop tard pour aujourd’hui, dit Talla. Installez le camp, on commence le déblayage demain. »

La nuit fut calme et froide. Les sentinelles entendirent au loin les bruits étouffés de moteurs d’un Convoi qui devait se diriger vers Merc City. À part ça rien d’anormal.

Le lendemain matin, les fouilles commençèrent de bonne heure. Ils commencèrent à creuser à dix en même temps, si bien qu’à la fin de la journée, l’engin était déjà très nettement dégagé.

– « Un autobus, dit Siyae. Qu’est ce qu’on va en faire ? »

– « Un transport de marchandises, dit Thorhart. Ça nous permettra de stocker ce qu’on a dedans
et de libérer le coffre des voitures. T’en penses quoi Talla ? »

– « L’idée me paraît bonne, ça nous manquait un gros porteur. »

– « Mais y’a des vitres partout, et là où elles sont cassées, il y a des trous, dit Ike. Tu parles d’un engin pour transporter les marchandises… celles qu’on aura pas perdues en route, on va se les faire abimer à la première fusillade dans laquelle on sera pris… »

– « Dit pas de conneries, dit Rudbaugh. Je m’en occupe Talla ? »

– « Vas-y, répondit Talla. Privilégie la puissance du moteur. Protections partout. S’il te manque des matériaux tu m’en parles, ou alors à Thorhart. »

Un mois passa. Le temps que les améliorations sur le bus soient effectives, chacun tuait le temps comme
il pouvait.

– « Ike !!! »

– …

– « IKE ! MERDE ! »

Ike sortit la tête de sa tente, pas encore complètement réveillé.

– « Y a quelqu’un qui m’a appelé ? »

– « C’est Rudbaugh, dit Der Sturm qui était assis sur une caisse de munitions un peu plus loin. Au son de sa voix, je dirai qu’il n’est pas encore en rogne, mais ça ne va pas tarder… »

– « ‘tain, ça va encore être ma fête », dit Ike, en partant torse nu en direction de l’appel.

Il rejoignit Rudbaugh le plus vite possible.

– « Alors, dit Rudbaugh. Tu crois encore qu’on va perdre la moitié des marchandises en route en roulant ? »

Ike regarda le bus. Il n’en croyait pas ses yeux. Des plaques de renforts avaient été placées au niveau des pneus, les fenêtres avaient été calfeutrées par du grillage, des planches de bois, des plaques d’acier, un bélier avait été placé à l’avant. Plus rien à voir avec l’épave déterrée un mois plus tôt. Le bus ressemblait maintenant plus à un véhicule d’assaut…

– « Tu sais ce que c’est ton problème Rudbaugh ? Tu es susceptible… »




Lorsque j'ai commencé les véhicules de mon convoi d'Esclavagistes, une certitude s'est imposée à moi : à un moment ou à un autre, je ferai un véhicule lourd. Le descriptif léger que j'avais lu, disait que les véhicules lourds sont comme une sorte de coffre-fort sur roues. Toutes les richesses d'un Convoi y sont gardées. On peut donc lui supposer un aspect massif, blindé (selon les moyens à disposition), de manière à protéger le butin qui se trouve à l'intérieur.

Dans mon esprit, le véhicule lourd ne contient que les objets, armes, munitions, etc. Les esclaves sont stockés à la dure, dans des cages, accrochés sur les toits des véhicules ou à l'arrière.

Étant tombé par hasard sur un des premiers numéros d'une série retraçant l'histoire des autobus, et fournissant pour une somme modique un fascicule ainsi qu'un véhicule au 1/43e, je me suis laisser tenter.
Après déballage, mon autobus, un Mercedes, ressemblait à ça :




La figurine et le véhicule qui allait devenir Gideon sont placés de manière à indiquer la taille relative du bus.


Il est bien évident que quelques aménagements allaient être nécessaires, afin de donner à cet engin un look un peu plus post-apocalyptique. J'ai donc commencé avec quelques modifications destinées à amener quelques protections contre les attaques extérieures des autres Convois.


















Deux ans et demi ont passé. J'ai continué à travailler sur mon Convoi pour RBN, et j'ai mis le véhicule lourd de côté. Le chantier prenait tout à coup des proportions démesurées par rapport aux envies que j'avais.

Je continuais néanmoins à fureter sur le net, histoire de voir si je ne trouvais pas des éléments qui auraient pu m'être utile, et si d'aventure, d'autres idées ne pointaient pas le bout de leur nez.

L'autobus était sur mon établi, devant mes yeux. Pas un jour sans que je ne le voie. Petit à petit des changements se sont opérés, doucement. À commencer par le bélier : une plaque rectangulaire ne me convenait plus. J'ai donc décidé de la remplacer par autre chose de plus adapté. 

Début juillet, j'ai décidé de le finir. Il était temps. Trop longtemps qu'il était en chantier !

Voici donc le bus terminé, modifié, et surtout, peint…































16 commentaires:

  1. Excellent, aussi bien le récit que la fig.

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  2. Oh pu... Oo

    C'est topissime !! Le truc qui claque et qui en impose tout de suite !! Le signe extérieur de richesse qui renseigne tout de suite que ce n'est pas à un convoi éco+ qu'on a affaire mais à du très gros calibre !!

    Bravo mon Cher Wallach, c'est de l'excellent boulot !! ^^

    Serviteur,

    Morikun

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    1. Merci mon Cher Morikun ^^

      Tu confirmes ce que je pensais depuis longtemps : tu es un homme de goût ! ^^

      Sérieusement, j'ai essayé de rester dans le style du reste de mon Convoi, et je pense que ça rend pas trop mal (toute modestie mise à part, bien entendu… ^^)

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  3. Génial, c'est une très belle réussite!

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  4. Wahou! Je suis impressionné par la conversion excellente de ce bus. Il est vraiment dans l'ambiance de l'univers post apo mad max. Et j'ai apprécié le texte qui s'étoffe d'épisodes en épisodes. Tu vas bientôt nous sortir un roman sur l'univers de tes personnages en continuant comme cela. Encore du beau boulot!

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    1. Merci kulguhr !

      Content que cela te plaise ! ^^

      L'idée du roman me trotte en tête depuis un moment, mais je ne suis pas sûr d'être à la hauteur... Faudra que j'essaie, on verra ! Qui n'essaie pas ne saura pas…

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  5. Chapeau, beau boulot. Impressionnant !

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    1. Merci gilet ! ^^

      Depuis le temps qu'il était en route, je suis content qu'il soit terminé ! ^^

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  6. Je suis Encore plus fan de ton convoi que je l'étais déjà. Topissime en effet!!!!

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  7. Merci Samy ! Il faut dire aussi que RBN est une bonne source d'inspiration ! ^^

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  8. Super le bus, il pose une ambiance a lui tout seul, bravo

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